Le cabinet de curiosités : infiniment petit, infiniment grand

Vous souvenez-vous de cette boîte à chaussures, de ce vieux carton, où vous entassiez pêle-mêle des trésors de pacotille, lorsque vous étiez enfant ? Il y avait là des cartes, des jouets miniatures, des bouts de bouts de choses sans valeur… pour les autres et vous passiez des heures à tout mélanger, pour mieux tout trier une nouvelle fois. Cette boîte, ces objets, c’était votre petit monde à vous. Le cabinet de curiosités procède de la même magie.

Qui sait encore, aujourd’hui, que le terme « cabinet » renvoie à une boîte, à un petit meuble, une cabine ? Ouvrir les portes d’un cabinet de curiosités, c’est découvrir un univers où l’art de confiner avec rigueur fioles, papiers, petits éléments de toutes sortes est porté à son paroxysme. Car il s’agit bien de s’aventurer : avec ses tiroirs, ses miroirs, ses étagères, ses doubles-fonds, le cabinet de curiosités est un véritable jeu de pistes. Il demande qu’on le fasse vivre, fonctionner, que l’on aille voir toujours plus loin. Vers ce qui est caché. Qu’on l’enrichisse, enfin.

C’est ainsi que l’esprit, à la manière d’Alice, tour à tour lilliputienne et géante du pays des Merveilles, a vu toujours plus grand et que les curiosités ont débordé des simples cabinets… Peu à peu, des salles entières en ont pris le nom. Ces lieux, eux aussi, étonnent et appellent à la créativité. Qu’ils soient vitrines, armoires, planches ou bibliothèques, les meubles richement ornés deviennent des œuvres d’art à part entière. Il est également intéressant de remarquer qu’aujourd’hui, dans les musées entièrement pensés pour favoriser la contemplation, l’interactivité est elle aussi de mise.

De la petite boîte de l’enfance jusqu’au Louvre, c’est bien la faculté de s’étonner et de s’émouvoir de la vie qui rend vivant. Ouvrez les yeux, levez-les au ciel, questionnez ce qui vous entoure : vous vivez, sans le savoir, dans un cabinet de curiosités.