En cercle, Vilains Bonshommes !!!

Ne les comptons plus, les verres d’aluine,
Les tables de jeu, les fumées haschichines,
Qui comblent les heures de l’éternel Cercle :
Dans le Camée des Morts, on renie les siècles…

Au fond du troquet, divins dandies en gilets,
Monocles et bésicles, monstres à goussets,
Femmes en cheveux, têtes à chapeaux-claques,
Clament Hernani ou récitent Pétrarque.

Celui qui écrit penche et s’épanche
Sous l’œil canaille, les bacchantes sont blanches.
Un fume-cigarette… Sec, ce gosier !
C’est Hara Kiri…ra bien le dernier !

Pensée du coin de table, on est accoudé :
Entre tontons flingueurs, manilleurs marseillais.
Rops est moins sanguin, contemplant l’harmonica,
La voix de Barbara couvre le brouhaha.

On boit, on lit, on vit, on aime : on le crie !
Le regard torve glisse : on s’envie, aussi…
On sort la canne-épée pour un vers de trop,
Pour un rondeau de jambe, pour un sonnet faux…

Coup de pied au bousculeur de métrique !
Le plus bel esclandre octosyllabique
Se fait entendre dans les rues de Paris :
Qui emmerdre le Vilain Monde est banni !

Et Rimbaud fuit, comète sur le pavé,
L’aube a pour lui l’esprit d’escalier,
Et il dérive, plus ivre que son bateau,
Et le Camée s’endort au chaud du logis clos.

© Hilda Alonso.