Loli Artésia, la plume est scalpel

Comme vous le savez, je suis une lectrice exigeante ; peu d’auteurs et d’ouvrages acquièrent mes suffrages. C’est pourquoi mes billets dans cette partie du site sont rares et irréguliers : j’attends de trouver des perles, avant de vous les présenter. Et l’auteure Loli Artésia est un trésor à elle seule.

 

 

Loli Artésia définit son œuvre comme une « poésie grise » et force est de constater qu’entre psychologies acérées des personnages, frissons à double-tranchant des situations, acide de certains dialogues et amertumes des instants de doute, cette poésie prend des airs de sombre et vibrant arc-en-ciel.

Chez Loli Artésia, le mot est une flèche, le trait d’esprit un humour assassin. Voici une auteure qui écrit avec économie, dans une retenue des termes qui nous concentre sur l’essentiel. Elle nous présente pourtant des personnages dispersés, perdus, atypiques. L’inattendu est si bien maîtrisé que le lecteur espère la surprise… et n’est jamais déçu.

Quelle charge et quelle responsabilité, quel défi aussi, pour qui souhaite présenter une telle bibliographie…

Tout commentaire sur son dernier ouvrage, « Elle s’appelait Micha », serait à la fois malvenu et inconvenant. Dans ce recueil de poésie, Loli Artésia évoque le douloureux sujet de l’avortement. Sachez simplement qu’il s’agit là d’une œuvre viscérale, nécessaire, sublime.

Voici une audacieuse partie de cache-cache entre l’auteure, qui se met en scène, et ses personnages… Un jeu qui tourne aigre au fil des pages, au fil des portraits. Car ses personnages sont des miroirs cassés, tout faits pour vous renvoyer votre image, terrible lecteur…

Judicieux choix de titre que celui-là ! Dans ce recueil de poésie, on saluera l’intelligence musicale de l’écriture qui manie les souffles, rythmes et contretemps, faisant parfois au détour d’un vers un clin d’œil aux inspirations de la dame, Bashung et Gainsbourg…

Qu’est-ce que l’art, sinon le témoignage d’une réalité transfigurée par la perception. Dans (…)Un chat à la fenêtre, Loli Artésia se fait réalisatrice : oui, il s’agit bien d’une chronique, où le point de vue passe de personnage en personnage et où le narrateur principal reste ce chat attentif, observateur, maître du temps qui passe. Car ce roman est avant-tout un rythme particulier, celui des pas de velours. Sa fin ouverte nous laisse heureux, dans l’attente du lendemain… ou d’un prochain livre.

(…) Trop peu, ou l’art de disséquer ses personnages… Oui, le premier ouvrage de Loli Artésia, contient en germe toutes les qualités de l’auteure : le narrateur aiguillonne l’héroïne, avec la cruauté d’un picador, et nous assistons à la longue déception de Chloé, qui a trop cru au passé…

Vous l’aurez compris, je suis convaincue par cette plume autant que par ce regard d’une intelligence confondante… 

 

Pour suivre Loli Artésia ; pour commander ses livres.