Pourquoi je refuse les services presse

Un service presse, c’est le fait de réserver des exemplaires d’un livre pour le mettre gratuitement à disposition de critiques professionnels ou de chroniqueurs amateurs. Le but pour une maison d’édition ou un auteur est, bien évidemment, de faire parler de sa production et de susciter des ventes. Le service presse est avant tout un outil promotionnel.

 

Dans le meilleur des mondes, tout est clair : le chroniqueur est tenu de parler honnêtement de l’ouvrage et personne ne garde de rancœur, rendez-vous en septembre prochain pour la future rentrée littéraire.

Sentez-vous le poids des non-dits et des sous-entendus ? Celui qui propose gratuitement son livre (qui investit donc un budget) se trouve dans une position terrible de vassalité. Le critique ou le chroniqueur est servi par les espoirs que sa parole suscite. Voici qui fausse irrémédiablement les rapports !

Soyons réalistes : s’il veut être poli, le chroniqueur qui n’a pas aimé l’ouvrage peinera à lui trouver quelques points positifs et cela se sentira dans son compte-rendu. S’il veut créer le buzz, le chroniqueur détruira l’ouvrage, peut-être même l’éditeur et pourquoi la personne de l’auteur. Car oui, cela aussi arrive. Alors, si vous étiez à la place de l’auteur, seriez-vous capable de recevoir une chronique assassine faisant suite à un service presse sans vous sentir trahi (et publiquement humilié, au passage) ? Soyons réalistes car nous sommes humains.

 

J’aime les relations saines. C’est pourquoi je n’organise aucun service presse. Je fais écho à TOUTES les chroniques, bonnes ou mauvaises, que reçoivent mes ouvrages. La différence, c’est que les chroniqueurs qui parlent de mes écrits les ont tous achetés. Est-ce à dire que je leur fais « payer » leur droit de commentaire ? Non, je leur ai simplement fait payer mes heures de travail. Pourquoi devrais-je en avoir honte ? Pourquoi devrais-je renoncer à un principe basique que j’exige avec tous, à savoir le principe d’égalité ?

 

N’est-il pas plus légitime, justement, le chroniqueur qui a payé l’ouvrage ? Je n’attends pas de lui un service rendu, je fais d’autant plus confiance à son jugement que je sais ne pas être faussé. Dans cette configuration, chacun a la liberté de jouer pleinement son rôle. Les bons comptes font les bons amis et je tiens pour amie toute personne dotée d’un esprit critique et d’un cœur juste.