Printemps de l’Imaginaire Francophone 2019

Voici la quatrième édition d’une initiative que je trouve particulièrement judicieuse : le Printemps de l’Imaginaire Francophone, créé par l’auteure Aline Wheeler.

Le principe : se lancer dans un défi de lecture pendant trois mois, se concentrer sur les auteurs de langue française et partager ses avis (vous pouvez consulter le règlement complet).

Cette année, j’ai choisi de ne lire que des auteurs indépendants : c’est parti !

Voici un format que j’apprécie beaucoup, celui des récits courts. « Des aventures hors du commun » regroupe trois novellas, très différentes, dans un genre fantastique pur. J’entends par-là qu’il s’agit d’un fantastique reposant sur une brèche taillée au coeur même de la réalité. C’est d’ailleurs une des grandes qualités de cette plume : savoir installer un cadre réaliste très crédible pour mieux vous emmener vers le fantastique. Dons particuliers, objets apparemment anodins mais dont il faut se méfier, folie : voici les trois grands thèmes de ce livre. « Le don » est porté par la narration de l’héroïne, une petite fille apprenant à dompter un pouvoir inattendu. Il s’agit de ma novella préférée. « De l’autre côté du miroir » m’a bien sûr immédiatement fait penser à Lewis Caroll mais la comparaison s’arrête au titre car dans cette longue nouvelle, plus sombre, se mène habilement un chassé-croisé entre deux personnages pris au piège. J’ai également été surprise par la tournure et le dénouement de cette partie. Enfin, « Les voisines » nous fait terminer cette lecture sur une note vraiment noire. Ici le recueil bascule vers le thriller et côtoie même un peu l’horreur : j’avoue que j’ai dû lever les yeux ! Yannick Giammona signe ici un livre à suspense qui se lit très agréablement.

 

 

 

La Roche des Ages (Les Royaumes Démoniaques, tome 1), Christopher Evrard

Je suis une lectrice particulière : je déteste l’action et les longues descriptions de combat. MAIS j’aime la psychologie, les atmosphères, les quêtes, les personnages à rebrousse-poil et qui finissent par faire mentir leurs apparences, les caractères entiers et la magie élémentaire donc je puis le dire : j’ai beaucoup aimé ce livre. J’ai été émue, j’ai ri, j’ai rêvé : bref, je suis passée par tous les sentiments ! J’ai adoré le prologue, les illustrations sont superbes, le prologue m’a tout de suite séduite, ainsi que la plume très cinématographique de l’auteur. Christopher Evrard possède l’art du découpage et la mise en place des cadres. Quant au pari de faire débuter une saga à huis-clos dans un château, il est osé mais réussi. J’ai également été conquise par ce rapport très simple, d’égal à égal, entre les vivants et les fantômes. Le sujet de la métamorphose, omniprésent, m’a intriguée : j’ai, personnellement, pensé à une allégorie sur le transhumanisme.

Voici une aventure riche mais sombre, comme je les aime, où la noirceur, la vraie, celle du fond des âmes, qui rejoint celle du fond des âges.