Tale of the Feejee Mermaid

Découvrez la légende de la sirène des Fidji, artefact qui fit bien des curieux...

Découvrez la légende de la sirène des Fidji, artefact qui fit bien des curieux…

Des rivages bretons aux plages tahitiennes, il n’est pas un homme qui n’ait rêvé de la sirène. Belle, sauvage, dotée d’une voix à faire chavirer le cœur comme les navires. C’est pourtant une créature hideuse qui a provoqué l’émoi à New York, en 1822.

 

Pendant des mois, les journalistes américains reçurent des lettres pleines de promesses, signées de plusieurs plumes. Toutes parlaient d’un certain Griffin, possesseur d’une véritable sirène venue des îles Fidji. L’effervescence se répandit dans les rédactions et, lorsque fut enfin dévoilée la créature, tous découvrirent alors une face simiesque, à la bouche garnie de petits crocs, au corps couvert d’autant d’écailles que de poils et sur lequel pendaient deux tristes mamelles épuisées. La laideur ne rebuta pas les curieux et les expositions ne désemplirent pas.

 

Heureusement pour elle, la sirène était déjà morte et momifiée. Qu’était-elle vraiment ? Nulle enquête fiable n’a réussi à apporter de réponse. Elle a sans doute été assemblée par des pêcheurs, grâce au squelette d’un petit singe et à la partie inférieure d’un poisson. N’était-elle qu’une babiole ? Revêtait-elle, au contraire, l’aura sacrée d’un objet de culte ? Des répliques ne tardèrent pas à surgir, ex nihilo. Les Occidentaux s’entichaient de ces horribles « chinoiseries », porteuses d’autant de rêves que de cauchemars.

 

Nous, les Curiosités, ce que nous préférons, ce sont des animaux libres : des poissons heureux dans l’eau et des singes s’endormant paisiblement, devant le spectacle du jour qui se couche sur la canopée.

 

© Hilda Alonso.

 

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